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Matteo Berrettini au Masters par KO
© afp.com/Christophe ARCHAMBAULT

Matteo Berrettini au Masters par KO

Publié par , samedi 09/11/2019 14:12

L'invité surprise est un cogneur: avec son service massue et ses frappes de mule en coup droit, Matteo Berrettini s'est frayé un chemin jusqu'au Masters, une première pour un Italien depuis plus de 40 ans.

"Il y a quelques mois, je n'aurais jamais pensé pouvoir me qualifier. C'est la récompense de mon travail, et de celui de mon équipe et de ma famille", a expliqué cette semaine le Romain de 23 ans.

De fait, il y a quelques mois, Berrettini était loin de pouvoir imaginer rejoindre Adriano Panatta et Corrado Barazzutti, les deux seuls Italiens à avoir disputé un Masters, à l'ère des raquettes en bois, en 1975 et 1978 respectivement.

Mi-mars, Berrettini était en effet encore 57e mondial, dans un autre monde que celui du Top 8 de Djokovic, Federer et Thiem, ses adversaires à Londres à partir de dimanche.

Mais il a changé de rythme à partir du mois d'avril, avec des titres à Budapest (terre battue) puis Stuttgart avant une fin de saison tonitruante marquée par une demi-finale à l'US Open puis une autre au Masters 1000 de Shanghai.

A New York, l'Italien au physique de brute épaisse (1,96m plus de 90 kilos) et au sourire de gendre idéal, avait impressionné par sa qualité de jeu, porté par son énorme service et son gros coup droit.

"Il fait deux mètres, il court, il a un bon coup droit. Il va très vite arriver dans les dix premiers, il n’y a pas de doute là dessus. C'est un super joueur. Il m'a enfoncé", disait alors Richard Gasquet, sa victime au 2e tour.

La suite a donné raison au Français et Berrettini a poursuivi son ascension pour atteindre la 8e place mondiale, mieux que le meilleur classement de Fabio Fognini (9e).

- raclée de Federer -

"Ce qui est bien c'est que je ne me sens pas différent. Les choses changent autour de moi, mais je reste moi-même, avec juste un peu plus d'expérience", a expliqué le Romain à l'approche du Masters.

Elevé sur terre battue, comme la plupart des Italiens, Berrettini a aussi beaucoup joué sur dur, sur l'insistance de ses coaches, afin de devenir plus complet. Il l'est aujourd'hui, ses déplacements s'étant nettement améliorés malgré sa grande carcasse, et son revers, encore fragile il y a deux ans, étant désormais tout à fait fiable.

Ce fan de basket, compagnon de l'Australienne Ajla Tomljanovic, qui dispute actuellement la finale de la Fed Cup contre la France, tire aussi profit d'un travail effectué depuis ses 16 ans avec le préparateur mental Stefano Massari, avec lequel il assure parler plus de littérature et de cinéma que de tennis.

Il raconte aussi que ces séances l'ont aidé à digérer la raclée infligée par Federer en 8e de finale à Wimbledon (6-1, 6-2, 6-2).

"Quand il a joué contre Federer à Wimbledon, et même contre Nadal en demi-finale à l'US Open, je pense qu'il n'était pas encore pleinement conscient de sa valeur et de sa force. Aujourd'hui il est prêt à être un acteur de ce Masters", estime Barazzutti, capitaine d'une équipe italienne de Coupe Davis désormais très solide.

"Depuis qu'il est gamin, on sait qu'il a l'étoffe d'un professionnel. Il a énormément progressé ces deux dernières années et cette saison il a obtenu des résultats extraordinaires. C'est un garçon sérieux, qui a toujours beaucoup travaillé pour s'améliorer", a pour sa part déclaré Panatta, Romain lui aussi et qui a suivi de près les progrès de son jeune compatriote.

Après les avoir rejoints, Berrettini a de son côté l'occasion à Londres de faire mieux que les deux glorieux anciens: car au Masters, ils n'avaient pas gagné le moindre match.

Source: AFP