🇫🇷 « Ne pensez pas que ceux qui ont beaucoup d’argent n’en veulent pas plus. Il fait partie des rares pour qui l’argent n’est pas une valeur, ce qui est difficile à dire pour beaucoup.
Quand tu joues au tennis, pendant les 20 premières années, tu ne gagnes rien. Et soudain, grâce à ces 20 ans de travail, tu peux gagner de l’argent.
Quand tu auras 35 ans, ta carrière est terminée. Il faut trouver...
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Richard Gasquet, vainqueur de Diego Schwartzman au deuxième tour à Lyon : «Sentir que tu es vivant»
À 34 ans, le Bitterrois a encore prouvé son amour du jeu lors de sa victoire contre Schwartzman, 10e mondial.
LEQUIPE Sophie Dorgan, à Lyon 21 mai 2021 à 00h05
Dans le cadre ensoleillé du Parc de la tête d'Or, Richard Gasquet a régalé les cinq cents spectateurs avec sa victoire 6-3, 7-5 contre l'Argentin Diego Schwartzman (10e mondial), jeudi. À 34 ans, le Biterrois respire le tennis et continue pour l'amour du jeu, malgré les pépins physiques.
« Quand on vous voit battre Diego Schwartzman, on a l'impression que vous avez continué pour ces moments-là, pour l'amour du jeu malgré les soucis physiques ?
- Complètement. J'aime jouer. Même quand j'arrêterai le tennis, je jouerai.
La compétition, les émotions et le public, c'est fabuleux aussi. Je sais que ça peut s'arrêter vite. J'ai envie de faire le maximum pour tenir encore un petit peu.
Je joue au tennis parce que j'aime ça, tout simplement, même si c'est plus compliqué physiquement. Là, jouer avec du public, à une semaine de Roland-Garros (30 mai - 13 juin), c'est comme quand je regardais le tennis à 14 ans à la télé, je mesure la chance que j'ai.
Vous avez connu beaucoup de problèmes physiques. N'est-ce pas trop pesant ?
- Même quand je suis blessé, je pense au tennis tous les jours. J'ai toujours fait le maximum dans ma carrière pour tenir le plus longtemps possible. Je fais beaucoup d'efforts.
J'ai eu une opération il y a trois ans (hernie inguinale en 2019), c'était dur. Là, j'ai encore connu des soucis. Quand tu as fait partie des meilleurs, tu as une capacité à te remettre plus forte que d'autres. Plus tu es haut, plus tu as la capacité à te remettre de mauvaises expériences. J'arrêterai quand je n'arriverai pas à revenir. À chaque fois, ça prend du temps, plus que d'habitude.
Jouez-vous beaucoup plus relâché ou est-ce que ça vous rattrape toujours en tant que compétiteur ?
- Tu as toujours ça en toi. Si tu vas sur le court, c'est pour essayer d'être le meilleur possible. J'ai regardé jouer Ferrer en fin de carrière, il n'était pas relâché. Si tu es trop relâché, je pense que c'est fini, autant aller à la plage. Quand j'arriverai sur le court en me disant que je m'en fous, il sera temps de passer à autre chose.
Arrivez-vous avoir plus de recul pour prendre du plaisir ?
- J'en ai souvent pris du plaisir. Aujourd'hui, il y a forcément un peu moins d'attentes. À l'époque, je jouais pour essayer de gagner des tournois, faire des demies de Grand Chelem. Aujourd'hui, c'est un processus différent.
J'essaie d'être en forme pour aller sur le court, je me fais plaisir quand je sais que je suis bien physiquement.
Aujourd'hui, je suis heureux de jouer contre Schwartzman. Si j'avais perdu, j'aurais été déçu mais j'aurais ressenti des émotions. Qu'il y ait défaite ou victoire, je peux jouer.
Ce qui est très, très dur, ce sont les périodes de blessures et de revenir. C'est ça qui me fera arrêter car mentalement, c'est très compliqué.
Qu'est-ce qui vous fait le plus kiffer ? Un revers gagnant, une volée, la construction d'un point ?
- C'est jouer, tout simplement ! Avoir des émotions, se créer des souvenirs et sentir que tu es vivant. Quand ça s'arrêtera, il n'y aura pas de souci.
Je ne vais pas crever si j'arrête le tennis. Je suis très heureux d'être encore là à 35 ans (il les aura le 18 juin). À 20 ans, quand je regardais les mecs de 35 ans, je me disais que c'étaient des vieillards (sourire), je me demandais comment ils étaient encore sur le court.
Aujourd'hui, on a les extraterrestres Nadal et Djokovic, c'est inimaginable ce qu'ils font. Je ne me comparerai jamais à eux, mais je ne pensais pas jouer encore.
Vous n'avez jamais perdu l'amour du tennis de votre enfance ?
- Non, ça ne m'a jamais quitté, même si c'est différent. Quand tu es jeune, il n'y a que le plaisir. Après, il y a l'extérieur, la pression du résultat. En fin de carrière, j'essaie de retrouver ça pour une dernière tournée qui me fait plaisir, c'est ce que j'ai fait aujourd'hui (jeudi).
Physiquement, comment vous sentez-vous ?
- Là, ça va. Mais quand j'ai repris à Barcelone avec un match de 3 h 20 (défaite 7-6, 4-6, 7-6 contre Jordan Thompson) après trois mois d'arrêt à cause de mon pied, puis le Covid, je ne pouvais plus marcher pendant quatre jours. J'étais mort.
Regardez Federer qui s'est arrêté un an, après son premier match à Doha, il était mort. On n'a plus 20 ans. À 20 ans, quand tu t'arrêtes, le lendemain tu n'as rien. Aujourd'hui, la récupération est très compliquée. »
Merci Cocot pour l'extrait de l'interview toujours intéressant d'avoir les paroles exact du principal intéressé🙂.
Ça me rappelle pourquoi et à quel point j'adore ce joueur, ce mec
Sans compter qu'il a fait une bonne année 2020 avec une 1/2 à RG en sortant Thiem. :p
Alors djoko77, tu prends un mauvais exemple pour parler du classement actuel. Ce sont ceux qui n'ont rien gagné en 2020 qui devraient logiquement perdre leurs points :p