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Roland-Garros: avant même de jouer, le stress des tests
© afp.com/Thomas SAMSON

Roland-Garros: avant même de jouer, le stress des tests

Publié par , mercredi 23/09/2020 19:24

"C'est en train de nous bouffer la vie." Tests et règlementations variables, doutes sur la fiabilité des résultats: avant même d'avoir la boule au ventre sur le court, joueurs et joueuses préparent Roland-Garros, qui débute dimanche, dans un climat anxiogène.

En pleine résurgence de la pandémie de Covid-19, qui avait conduit en début d'année les organisateurs à reprogrammer le Grand Chelem parisien à l'automne (27 septembre-11 octobre), c'est le sujet N.1 Porte d'Auteuil, qui a relégué les discussions sportives au second plan.

"Tout le monde a peur des tests", reconnaît le Français Enzo Couacaud, 194e joueur mondial, victorieux mercredi de son deuxième tour des qualifications. Avec les prélèvements effectués le jour de l'arrivée, à J+2, puis tous les cinq jours, "on a presque l'impression de jouer à pile ou face".

A Roland-Garros, en cas de résultat positif, le même échantillon est contrôlé une deuxième fois. Le joueur est exclu si le résultat positif est confirmé. "C'est un climat qui est anxiogène", confirme depuis Strasbourg la Française Alizé Cornet, qui témoigne d'une "montée d'adrénaline" à chaque fois qu'elle découvre son résultat. "Quand tu reçois le texto avec le test négatif, tu as l'impression d'être le roi du monde!"

- Nuits blanches -

A l'image du Bosnien Damir Dzumhur, exclu des qualifications en raison du test positif de son entraîneur Petar Popovic, qui a posté sur les réseaux sociaux son résultat négatif obtenu le lendemain, les joueurs professionnels n'hésitent plus à remettre en cause la fiabilité des prélèvements naso-pharyngés. "Les faux positifs, c'est quelque chose qui m'angoisse au plus haut point, je n'en ai presque pas dormi de la nuit", raconte Cornet.

"Ce qui me choque, c'est qu'on n'ait pas de test de confirmation (...) A tout moment, ça te tombe dessus et on t'enlève d'un Grand Chelem parce qu'il y a eu une erreur. Je pense que ça peut être mieux fait. (...) Ça nous coûte tellement cher si ça nous tombe dessus...", déplore la Niçoise.

A fortiori quand, à cause de la pandémie, la saison a été amputée de très nombreux tournois, réduisant drastiquement les opportunités sportives et économiques des joueurs. Et fragilisant un peu plus encore ceux classés au-delà de la 100e place mondiale.

Depuis la reprise des circuits WTA et ATP en août, leur désarroi n'a fait que grandir à mesure qu'ils passaient les frontières et découvraient des législations et des protocoles sanitaires différents d'un pays à un autre.

"Je me suis fait tester dans un hôpital français où (le test PCR) était hyper profond dans les deux narines, j'ai vu aux Etats-Unis qu'on donnait la tige au joueur qui fait le bout du nez et qui rend (l'écouvillon au médecin), dans certains endroits on ne fait qu'une narine, dans d'autres endroits on fait la salive…", s'étonne ainsi Couacaud.

- Paire perdu -

Le nouvel épisode du feuilleton Benoît Paire, contrôlé positif au Covid-19 à New York fin août et autorisé mercredi à jouer à Hambourg malgré deux nouveaux tests positifs, ne va assurément pas clarifier les choses.

"L'ATP va devoir m'expliquer quelles sont les règles exactes. Parce que je vois des gens à Paris qui sont négatifs mais parce que leur coach est positif, ne peuvent pas jouer. Mais ici en Allemagne, on peut être positif et jouer", s'interroge le 25e mondial, qui a abandonné mercredi face au Norvégien Casper Ruud et s'est dit "fatigué", sans savoir à quoi l'attribuer.

Le cas de Paire ne va pas non plus rassurer ses adversaires sur la fiabilité des tests, quand on sait que le Français a été contrôlé plusieurs fois négatif entre ses tests positifs. "Je pense qu'il est impossible de jouer au tennis comme ça. Vous ne dormez pas", se lamente-t-il, se disant même prêt à "arrêter" si ce flou sanitaire perdure.

Difficile de se concentrer sur le tennis avec cette épée de Damoclès au-dessus de la tête. "Si demain, je suis considéré comme limite, faux positif ou positif, peu importe mon état d'esprit, je ne jouerai pas, appréhende Couacaud. C'est terrible."

Source: AFP

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