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Noah, son ''plan'' et ses ambitions pour la France en Coupe Davis

Noah, son ''plan'' et ses ambitions pour la France en Coupe Davis

Publié par , mardi 22/09/2015 23:12

Fiche de Yannick Noah Yannick Noah s'est exprimé pour la première fois en tant que nouveau capitaine de l'Equipe de France de Coupe Davis ce mardi après-midi. Sa nomination a été officialisé lundi en succession d'Arnaud Clément qui avait été démis de ses fonctions la semaine passée. Devant la presse, le dernier vainqueur français de Roland Garros (1983) a dessiné les contours de son projet, de sa philosophie et de ses ambitions. Il a aussi fait le bilan de la situation actuelle en évoquant notamment la position délicate, celle des décideurs de la FFT, par rapport de son prédécesseur. Sans entrer dans les détails, il a tout même donné une idée du ton sur lequel il allait appréhender son capitanat.

Y. Noah : "Pourquoi je replonge ? Disons que j'ai l'impression que je ne suis jamais vraiment parti. J'ai toujours eu des contacts avec tout ce qui se passe dans le tennis. Depuis toujours. Il se trouve qu'aujourd'hui j'ai été contacté. Mais comme ça a été le cas depuis une dizaine d'année à chaque fois qu'il y a un campagne. Il y a toujours des débriefings avec les joueurs, les capitaines, les membres du staff, les passionnés de tennis, qui m'appellent et avec lesquels on refait le monde.

«Tout est là pour retenter de gagner la Coupe Davis»
Cette année on m'a demandé si j'étais prêt éventuellement à reprendre l'équipe de France de Coupe Davis. Ma réponse a été claire, à savoir qu'il était hors de question pour moi de me relancer dans une aventure sans avoir parlé aux joueurs. D'où les délais qu'il y a eu, en tout cas en ce me concerne. Après avoir parlé avec les joueurs, il était clair que tout était en place pour y aller et retenter de gagner la Coupe Davis.

«Mettre les joueurs dans les meilleures conditions»
Je suis honoré, très excité, plein d'espoir, très, très motivé parce qu'après les différentes conversations que j'ai eues avec les uns et les autres, j'ai le sentiment qu'on peut vraiment s'améliorer. Il s'agit de faire jouer de très bons joueurs. Faire en sorte que ces joueurs arrivent, lorsqu'ils jouent pour l'Equipe de France, dans les meilleures conditions possibles afin qu'ils puissent donner le meilleur d'eux-même le jour J.

«Cet espoir fou de recadrer, de réorganiser les choses»
J'ai eu le sentiment, et je ne me suis pas caché pour l'exprimer, que ça fait des années que ça n'est pas le cas. Et j'ai cet espoir fou de recadrer, de réorganiser un certain nombre de choses. Et j'ai cet espoir fou, cette conviction profonde, que je peux le faire. Avec les joueurs bien entendu. Je n'aurais pas pu vous répondre de cette manière si je n'avais pas parlé aux joueurs. On a parlé longuement, et je suis très confiant.

«Si un joueur sort du cadre, il sort de l'équipe»
Je ne suis pas juste accepté dans l'équipe. Il y a un cadre défini, que j'ai expliqué aux joueurs. C'est autour de cela qu'on s'est mis d'accord. Cette unanimité était essentielle pour moi. (...) Il faut un cadre. Certains joueurs ont des égos. C'est bien d'avoir des égos. Mais il faut qu'ils soient au service de l'équipe. Nous allons mettre en place un cadre très précis. Une fois que le cadre est défini, quand un joueur sortira du cadre, il sortira de l'équipe. Il n'y aura pas d'avertissement. Par le passé j'ai fait preuve d'autorité, je n'aurais pas peur de le faire à nouveau. Je pense que ça a manqué.

«L'équipe de France concerne 10 joueurs»
L'équipe de France, pour moi, concerne dix joueurs. J'ai des contacts avec tous les joueurs: Simon, Gasquet, Tsonga, Monfils, Mahut, Herbert, Benneteau, Mannarino, Paire. Je veux que tous les joueurs soient concernés. Je veux qu'ils sachent comment on va fonctionner. Ils seront tous amenés à représenter l’Equipe de France. J'ai passé du temps avec le staff pour savoir si leur motivation est à la hauteur de ce que j'attends. Je pense voir tous les joueurs à Bercy.

«Le vrai truc se passe dans le vestiaire, à l’entraînement»
Je n'arrive pas avec une image. Je ne suis pas aujourd'hui capitaine de l'Equipe de France de Coupe Davis grâce à une image. Il y a un contenu, il y a un fond. L'image c'est la forme, ça n'est rien l'image. Le vrai truc, c'est ce qu'il y a dans le vestiaire. C'est ce qui se passe à l'entrainement, dans les rassemblements, dans les discussions. C'est ça qui compte. Lorsqu'on est ensemble, qu'on est entre nous. C'est là que le message passe vraiment, c'est là qu'il doit être compris, c'est là qu'il doit être échangé, c'est là que ça se passe, c'est là qu'on gagne. Une fois qu'on a bien travaillé, on sort et c'est déjà fait. Le travail, le vrai travail est déjà fait.

«Faire des efforts, peut-être même des sacrifices»
Le but, c'est de donner du bonheur. C'est ça le but, on va essayer de donner du bonheur. Mais pour ça il va falloir travailler. Il va falloir changer certains fonctionnements. Il va falloir faire des efforts. Parfois même au-delà, parfois même peut-être des sacrifices. Mais il va falloir le faire, parce que j'ai un plan.

«On va faire mieux. Gagner ? Je ne sais pas»
Il est clair mon plan. Et quand j'expose ce plan-là, que je vois que les gars adhèrent... parce que pour eux, c'est quand même assez incroyable, pour eux c'est nouveau. Ils n'ont jamais entendu un truc pareil. C'est étonnant. Mais c'est passionnant parce que je me dis 'bon bah là, on peut faire que mieux'. Alors mieux est-ce que ça va être gagner, j'en sais rien.

«On a une chance de gagner. Mais il ne faut pas qu'on triche»
Encore une fois, je pense vraiment et je leur dis 'les gars si on donne le meilleur de nous-même sur tous les matchs, tous les moments qu'on passe ensemble, tous les entraînements qu'on passe ensemble. Donc quatre rencontres. Si on fait ça pendant les quatre rencontres, je pense vraiment, sincèrement, qu'on a une chance de gagner. Ça c'est clair. Mais il ne faut pas qu'on triche. Quand on est entre nous, il ne faut pas qu'on triche.

«Pas simple de dire à Arnaud 'écoutes, t'es remercié'»
C'est pas simple, de dire à quelqu'un qui est apprécié humainement, quelqu'un qui a été irréprochable en tant que joueur depuis le début. Qui incarne en tant que joueur l'esprit de la Coupe Davis, de par son attitude et son engagement. C'est pas simple de dire à quelqu'un de la famille 'écoutes, tu es remercié'. C'est pas simple. Vous imaginez bien que depuis 15 jours, je suis un petit peu sensible, j'ai lu tout ce qui se disait. Mais en fait on se détourne un peu de l'essentiel.

«Pleurer de joie ! Depuis 10 ans on pleure de tristesse»
L'essentiel, c'est qu'on essaye de redonner du sourire aux gens. Redonner à nos supporters un peu de fierté. Redonner un peu d'envie, redonner un peu d'espoir. Faire pleurer de joie les gens qu'on aime, c'est ça qu'on essaye de faire. Et ça fait 10 ans qu'on pleure de tristesse à chaque fois. Ça c'est la réalité. Alors il y a des décisions à prendre parfois. Comme, je prend un exemple, quand on gagne la Coupe Davis à l'époque et que je dois dire, quelques mois après, à Guy (Forget) qui est mon meilleur ami et mon numéro 1, 'tu ne joues pas', ça n'est pas facile.

«Arnaud doit être blessé. Je serais blessé aussi»
Oui, ça n'est pas facile de dire à Arnaud qu'il va y avoir des changements. Comment bien le faire ? J'imagine bien qu'Arnaud doit être blessé et je pense qu'à sa place je serais blessé aussi. Mais il n'y a pas de bon moyen. Quel est le bon moyen ? Comment faire ? Le dire plus tard ? Après ? Comment faire ? J'ai l'impression qu'on se noie dans des détails mais qu'à la fin il y a une douleur. La douleur de quelqu'un à qui on a très peu de chose à reprocher. C'est pas à moi de juger mais je pense que tout le monde est d'accord, autour de moi, dans la famille du tennis, pour dire qu'Arnaud est quelqu'un de très valable. Il est arrivé à un moment où ça n'était pas facile, avec des joueurs qui sont différents. Et il a eu du mal.

«Une génération de joueurs qui ont pensé qu'ils décidaient»
Après je pense qu'Arnaud (Clément) est toujours là. Le choix lui revient bien sûr, mais il est toujours là. Il y a des capitaines qui sont restez 2 ans, c'était mon cas. Puis 3 ans, puis 14, puis encore 3. Je pense que c'est très bien que ce soit la fédération qui décide. A un moment donné, il faut que ça vienne de là-haut. C'est très bien qu'il y ait une hiérarchie. Et que cette hiérarchie et que ce mode d'élection soient clairement définis et compris par tous. Je pense que c'est très bien. Alors aujourd'hui ça flotte un peu parce qu'il y a une génération de joueurs qui ont pensé que c'était eux qui décidaient. Mais ça n'est pas le cas. Bien sûr qu'on veut leur avis, bien sûr que la fédération doit se renseigner par rapport à leur ressenti, bien sûr, c'est important. Mais c'est comme ça dans tous les sports, c'est normal.

«Il y a urgence car cette génération va passer»
Et il y a une espèce d'urgence. Pourquoi ? Parce qu'il y a eu beaucoup d'espoir avec cette équipe, avec ces joueurs. Beaucoup d'espoir. Et cette génération est en train de tranquillement passer et je pense qu'aujourd'hui, on doit travailler dans l'urgence. Je pense qu'il faut toujours travailler dans l'urgence, toujours. C'est aujourd'hui qu'il faut commencer à bien travailler, c'est aujourd'hui qu'il faut faire passer les messages, c'est aujourd'hui que le message doit être compris. Pas l'année prochaine, pas 'on verra l'année prochaine'. Et comme on avait des joueurs qui étaient doués, ils étaient nombreux, ils sont nombreux, il y avait une espèce de sentiment comme 'bon, c'est pas passé cette année mais, attendez, on verra l'année prochaine'. Et je ne suis pas d'accord avec cette façon de penser. Et oui c'est dur.

«Je sens que j'ai une équipe motivée derrière moi»
Aujourd'hui, il y a une urgence parce qu'il n'y a pas de résultats. C'est pour ça que je suis là. S'il y avait eu des résultats, je ne serais pas là. Ma réponse était claire, il faut que je sois prêt et en plus de ça il fallait que les joueurs adhèrent à mon discours, soient d'accord avec mon mode de fonctionnement. Et à partir du moment où je discute pendant des heures avec les uns et les autres et qu'à la fin je m'aperçois que le message est vraiment passé et qu'il y a une vraie envie. Là, je le sens bien, je sens que derrière moi j'ai une équipe, une équipe motivée.

«J'ai vu ce qui se passait sur le court à Lille»
Le nombre de fois où, avant les campagnes, l'entraîneur ou la fédération ont été décriés. Mais, ce qui compte, c'est ce qui se passe sur le terrain à la fin. Et on a tous vu ce qui se passait sur le terrain. Je n'ai pas besoin d'être à Lille (allusion à la finale 2014 perdue face à la Suisse) pour savoir ce qui se passe sur le terrain. J'ai juste à voir comment les joueurs rentrent sur le court. J'ai juste à voir comment se comporte le box. J'ai juste à voir comment se passe la comm' 2-3 jours avant. Et moi, ça me suffit.

«Moi, mon rôle est d'organiser un bon environnement»
Je sais quand il y a une bonne préparation. Je connais. Je ne fais que ça moi. Vous le savez. Vous savez que ça n'est pas moi qui vais dire à Gilles (Simon) 'attention sur la balle de break, regardes ta balle, plies tes jambes'. Ce sont des champions. Ce que j'ai à faire moi, c'est organiser un environnement dans lequel ils se sentent bien. Protégés, motivés. Et tout ce qu'il y a autour, si jamais c'est trop négatif, j'essaye de les préserver. J'ai pas peur de ça, j'ai pas peur de faire face. J'ai l'habitude, je connais. Et, allez les Bleus."

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