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Djokovic tirera sa révérence à la fin de la saison !

Djokovic tirera sa révérence à la fin de la saison !

Publié par , jeudi 01/04/2021 01:33

Coup de tonnerre et stupéfaction dans le monde du tennis. Novak Djokovic l'a confirmé, tard mercredi soir, il prendra sa retraite sportive à l'issue de cette saison 2021. Complètement inattendue, l'information a d'abord fuité dans des médias sportifs serbes (Спорт Фисх et Април Тенис), puis a rapidement été confirmée par l'intéressé, soucieux d'en garder le contrôle. Le Serbe, actuellement à Monte-Carlo, en pleine préparation de la saison sur terre battue, prévoyait initialement de faire son annonce en marge de Roland Garros. Après un titre dans l'idéal. Pris de vitesse, il s'est expliqué sur son choix, de ses envies d'autre chose à sa lassitude de la course aux records, en passant par sa rivalité avec Nadal et Federer, ses directions de vie pour l'avenir ou encore ses discussions éclairantes (et parfois intrigantes) avec son ami Pepe Imaz.

Une annonce très difficile initialement prévue à Roland Garros
Tout s'est un peu précipité ces dernières heures. L'annonce était donc initialement programmée par le n°1 mondial pour les prochains Internationaux de France. Mais, comme c'est souvent le cas de nos jours, l'info a fuité, et il a décidé de la confirmer dans la foulée pour ne pas laisser la rumeur enfler et prendre le dessus sur tout le reste. Une façon de garder le contrôle, d'autant que sa décision est mûrement réfléchie comme il l'explique : "Je n'ai jamais rien laissé paraître en public mais cela fait maintenant plus d'un an que j'y réfléchis. Même mes proches ne sont au courant que depuis quelques semaines et beaucoup, mon père notamment, sont encore persuadés de pouvoir me faire changer d'avis avant la fin de l'année. Mon père y travaille chaque jour. Mais ça n'arrivera pas, ma décision est prise et je n'ai plus de doutes sur le sujet. Le plaisir de jouer est toujours aussi fort, mais d'autres choses m'attirent et elles ne sont pas compatibles avec le temps que demande un investissement à 100% dans le tennis. Et je n'envisage pas le tennis sans m'investir à 100%..."

Lassitude, Covid-19 et envie de s'ouvrir à d'autres dimensions de sa vie
Cette période de pandémie lui a fait prendre du recul. Il se sent bien auprès des siens et a envie de se consacrer plus pleinement à sa famille. De nombreux projets l'attirent aussi depuis longtemps. Tant et si bien que la lassitude de ne pas pouvoir consacrer de temps à autre chose que le tennis s'est peu à peu faite sentir. Le coronavirus et sa pandémie mondiale suivi du confinement sont aussi passés par là, le laissant "voir à quoi ressemblerait (sa) vie loin du circuit". L'homme aux 18 titres du Grand Chelem l'a clairement exprimé : "Le fait de ne plus avoir à voyager sans cesse m'a énormément plu. Cela a renforcé ma réflexion sur le fait d'arrêter bientôt. Le fait de passer plus de temps sans contraintes avec ma femme, mon fils et ma fille. Les conditions actuelles sur le circuit sont aussi très éprouvantes, il est plus difficile d'y prendre du plaisir, et ça pourrait durer. La fatigue supplémentaire induite est importante. Et, au-delà de ça, je ressens profondément le besoin de m'ouvrir à d'autres dimensions de ma vie. Le tennis de haut niveau ne m'en laisse pas l'opportunité."

L'obsession des records et ses travers
Sa vision de sa propre quête de records semble avoir aussi progressivement évolué. "Mon titre à Roland Garros (NDLR, en 2016) et les mois qui ont suivi m'avaient déjà fait réfléchir et relativiser" confie le Serbe, "je sais depuis ce moment, en mon for intérieur, que les records ne semblent vous nourrir qu'avant que vous les atteigniez. Une fois atteints, ils peuvent vous laisser vidé, sans énergie et sans but, loin de la plénitude espérée. Et je ne veux pas entrer à nouveau dans cette quête obsessionnelle autour de laquelle plus rien ne compte". Le dernier Open d'Australie semble aussi avoir pesé dans son choix. Malgré la satisfaction affichée une fois le trophée soulevé, Djokovic semble, avec plus de recul, avoir été marqué par sa décision de poursuivre le tournoi alors qu'il se savait blessé. C'est en tout cas ce qu'il a laissé entendre : "Poursuivre les records à tout prix peut faire prendre les mauvaises décisions. A Melbourne, j'ai continué à jouer alors que je me savais blessé, j'ai eu de la chance que ça ne s'aggrave pas trop, mais je n'aurai pas toujours cette chance et je ne veux plus me voir négliger la santé de mon corps comme ça". Partir à la fin de l'année lui permettra aussi de maîtriser sa sortie et, probablement, de partir au sommet. "Une chance que tout le monde n'a pas" concède-t-il.

Ne pas couper le lien avec le tennis
Le Serbe est toutefois loin de vouloir tourner le dos au tennis qui restera "(sa) plus grande passion". Son rôle de directeur du tournoi de Belgrade (du 18 au 25 avril), où il cumulera cette casquette avec celle de joueur dès cette année, y contribuera à l'avenir, tout en lui permettant d'être près de ses proches. "J'ai aussi de nombreux autres projets de santé et de bien-être qui peuvent s'appliquer au tennis, mais j'en parlerai en temps voulu". Parmi ces projets, celui de créer une Djokovic Academy de tout premier plan à Belgrade dans un avenir proche. "L'un des plus grands projets de (sa) vie" comme il l'avait confié l'an dernier. Un projet lancé dans un secret relatif en 2020, signe peut-être de son début de réflexion sur la suite de sa carrière. Une première phase de tests a été menée au sein de son Novak Tennis Club. De quoi déjà bien s'occuper, même s'il semble vouloir nous réserver quelques autres surprises.

Des moments décisifs passés avec son ami Pepe Imaz
L'avenir paraît donc déjà tout tracé dans l'esprit du n°1 mondial et sa sérénité tranche avec la stupéfaction entraînée par cette annonce que personne n'avait vu venir. Une sérénité non seulement due à la longue maturation de sa décision, que nous évoquions plus tôt, mais aussi, et peut-être surtout, au fait que, comme dans presque tout ce qu'il entreprend, le Serbe perçoit un aspect très spirituel dans son cheminement de vie. Comme une raison supérieure qui le guiderait dans ses choix. Ce dernier aspect semble à nouveau avoir joué un rôle prépondérant dans ce choix d'arrêter à la fin de l'année. Et comme depuis quelques années maintenant, son ami Pepe Imaz, ancien joueur et directeur d'une académie à Marbella, n'était pas loin. Ses conseils et sa philosophie "Amor y Paz (Amour et Paix)" ont beaucoup accompagné Djokovic dans sa réflexion. Du propre aveu de l'intéressé : "C'est un grand ami et nous nous comprenons parfaitement. Il comprend très bien ma recherche d'équilibre, autant spirituel que sur les autres plans, ainsi que ma quête d'harmonie dans ma vie et dans celle de ceux qui m'entourent. Il a été un des premiers à qui j'ai confié mon questionnement, et il m'a beaucoup aidé à y voir plus clair et à prendre ma décision. Je lui en suis très reconnaissant".

Arrêter de vouloir surpasser Federer et Nadal à tout prix
Un des éléments clés semble avoir aussi été de se défaire de la volonté de vouloir égaler ou dépasser Federer et Nadal sur tous les plans et coûte que coûte. C'est en tout cas lui qui le dit : "Avec Roger et Rafa, nous sommes trois personnes différentes, il est normal que notre relation au monde soit différente et que la relation du monde avec nous le soit aussi. J'ai mis longtemps à accepter ça, pour enfin réellement suivre ma propre voie et accepter simplement ce qu'elle m'offrait". Loin des déclarations souvent tapageuses de son clan, son père en tête comme encore très récemment, le Serbe semble désormais avoir une relation apaisée à la concurrence au sein du Big 3. Une posture qui n'est donc pas uniquement une façade comme beaucoup l'ont souvent soupçonné. Le Serbe envisage ainsi avec sérénité, et même avec une pointe d'humour, le fait de ne pas dépasser les records en Grand Chelem du Suisse et de l'Espagnol. "Il me reste trois tournois du Grand Chelem pour les égaler ou même les dépasser. C'est peu, mais c'est une réelle opportunité et je sais que je suis capable de la saisir. Mais si je ne le fais pas, ça ne sera pas grave pour autant. Ce n'est pas ce qui remplira le reste de ma vie. Je suis déjà très reconnaissant pour ce que j'ai accompli, ça dépasse de très loin tout ce que j'espérais. Et, si j'y arrive, je compte ensuite sur les nouvelles générations pour gagner les Grand Chelem qui suivront (sourire). Nous en avons gagné suffisamment, ce sera leur tour en 2022, il faut juste qu'ils patientent encore quelques mois (rire)."

Ce sera leur tour, à moins que Federer et Nadal en décident autrement. Ou à moins que papa Srdjan Djokovic trouve les arguments pour arriver à ses fins. Le fait que l'annonce survienne dès aujourd'hui en sera forcément un de poids. Même si les choses sont au final probablement très bien faites, car hormis dans la douceur de ce début de printemps, cette annonce n'aurait en fin de compte peut-être pas pu être faite à un autre moment.

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