Open d'Australie 2011, Tsonga s'élimine tout seul !
Enorme désillusion pour Jo-Wilfried Tsonga qui a rendu les armes, ce samedi, dès le troisième tour des Internationaux de Tennis d'Australie version 2011. Demi-finaliste de la dernière édition et tête de série n°13 du tableau cette année, il a cédé face à l'ukrainien Alexandr Dolgopolov, 46ème joueur mondial, sur le score décousu de 3/6, 6/3, 3/6, 6/1, 6/1 après 2h20 de jeu sur la Margaret Court Arena. Une défaite surprise que le tricolore doit avant tout à son manque de constance mais aussi probablement à un nouveau petit pépin physique qui l'a handicapé en fin de partie.
Tsonga fini par se brûler
Une fin de partie qui n'aurait cependant jamais dû se profiler si le numéro 2 français n'avait pas laissé passer sa chance à de multiples reprises. Déjà contraint de disputer cinq manches au premier tour, il savait qu'il n'avait plus le droit à l'erreur s'il ne voulait pas arriver carbonisé en deuxième semaine. Plus le droit à l'erreur, cela signifiait ne pas passer de temps superflu sur le court et donc afficher une concentration maximale de tous les instants pour éviter de donner des armes à son adversaire. C'est cependant tout le contraire qu'a fait Jo, jouant avec le feu et finissant inévitablement par se brûler.
Avancer pour mieux reculer
Tsonga a ainsi mené 6/3, 3/2 avec le break en poche dans le second set et il semblait alors s'envoler vers une victoire tranquille avant de complètement se démobiliser. Se précipitant trop et semblant privilégier le spectacle à l'efficacité, il a perdu le fil de son jeu et a remis du même coup son adversaire en selle. Un état d'esprit qui lui a valu de sortir complètement du match, concédant ainsi quatre jeux consécutifs (6/3, 3/6) et se voyant dès lors embarqué dans une partie plus longue que prévue. Il poursuivait sur le même ton à l'entame du 3ème acte en concédant rapidement son service avant de repartir de l'avant pour mener 4/2 puis conclure la manche (6/3) non sans s'être fait une frayeur en offrant sur un plateau le débreak à son adversaire deux jeux plus tôt.
4ème et 5ème, les deux sets de trop
Cette fois c'était bon, le français avait compris la leçon et il n'allait plus relâcher son emprise pour conclure sans traîner en quatre manches. C'est du moins ce qu'on pensait au moment d'attaquer le 4ème acte. Oui mais voilà, avec déjà un match à rallonge dans les jambes, notre Tsonga national n'était légitimement plus tout frais et ses petites gênes physiques ont commencé à faire leur oeuvre. A peine 20 minutes plus tard, après un nouveau passage à vide, il avait ainsi littéralement balancé la manche (6/1). Semblant être sûr de sa force, il paraissait cependant vouloir se concentrer sur l'ultime set. Il n'en était rien. Le scenario de la manche précédente se répétait et, sur une dernière faute directe de coup droit, c'est un Tsonga désabusé qui quittait cet Open d'Australie 2011 par la petite porte.
Des lacunes tactiques ?
Encore une fois, on pourrait reparler en long en large et en travers du physique un peu fragile du français qui semble de nouveau lui avoir joué des tours. Mais mettre cette défaite sur le compte de ce simple constat serait un raccourci bien trop réducteur. Cet échec est en effet avant tout tactique, il est le résultat de la mauvaise gestion d'un match. On ne peut effectivement pas s'empêcher de penser qu'à deux manches à rien, sans ce premier relâchement, l'affaire aurait été pliée et la question du physique ne se serait même pas posée. Alors voilà, pour se hisser durablement parmi les tout meilleurs, Tsonga sait ce sur quoi il doit travailler et quelle philosophie il doit adopter. Privilégier parfois le sens tactique et l'intelligence de jeu à la puissance physique et à la technique pure. Avec le talent qui est le sien, il serait bien dommage de ne pas pleinement en profiter.
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